CARMEN (1875)
LA DAME BLANCHE (1825)
FAUST (1859)
A OBRA
GÉNERO Ópera com um prólogo e quatro actos TÍTULO: Faust COMPOSITOR: Charles Gounod ANO: 1859 LIBRETO: Jules Barbier et Michel Carré, baseado no livro 1 de Faust, de Goethe OBRA: Ópera em cinco actos CRIAÇÃO Paris: Théâtre-Lyrique 19.03.1859
ESPETÁCULO (Opéra-Comique, 2025)
DIREÇÃO MUSICAL Louis Langrée ENCENAÇÃO Denis Podalydès CENÁRIOS Éric Ruf FIGURINOS Christian Lacroix CANTORES Julien Dran (Faust), Jérôme Boutillier (Méphistophèles), Vannina Santoni (Marguerite), Lionel Lhote (Valentin), Juliette Mey (Siebel), Marie Lenormand (Dame Marthe), Anas Séguin (Wagner) CORO Choeur Opéra de Lille ORQUESTRA Orchestre National de Lille
VISTO Paris: Opéra-Comique 21.06.2025
Artigo do site Opera Online:
Un triomphe pour la version originale de Faust à l’Opéra-Comique
À l’Opéra-Comique, Faust fait l’événement, mine de rien, avec Faust (après, début mai, l’Opéra de Lille, instigateur de la production). Ce n’est ni l’œuvre la plus inattendue du répertoire, ni le tandem artistique (Louis Langrée / Denis Podalydès, déjà ensemble dans Le Comte Ory en 2017 et la reprise de Fortunio en 2019) le plus inopiné de l’histoire de Favart, mais le spectacle est un flot ininterrompu d’étincelles scéniques sagaces et d’une musique servie sur un plateau d’argent. Une conjoncture du bonheur qui n’arrive pas si souvent.
Attention aux contrefaçons : on ne parle pas du Faust grand-opéra pour l'Opéra de Paris en 1869, mais de la version originelle créée au Théâtre-Lyrique dix ans plus tôt, avec dialogues parlés (donc un opéra-comique), reconstituée par Paul Prévost et le Palazzetto Bru Zane. On pourrait faire les comptes d’apothicaire sur ce qu’il y a (comme une cabalette de Faust après « Salut, demeure chaste et pure », que le créateur du rôle n’avait pas souhaité chanter) ou de ce qu’il n’y a pas (« Avant de quitter ces lieux », le ballet ou la Ronde du Veau d‘or); là n’est pas la question, car cette proposition doit se vivre à travers sa cohérence dramaturgique, en particulier dans la transmission lucide et prenante qu’en fait le metteur en scène Denis Podalydès, et qui dénote évidemment avec la version de concert qu’on avait entendue en 2018 au Théâtre des Champs-Élysées !
Ce qui frappe d’emblée, ce sont les lumières gothiques, en aspect « bougie », de Bertrand Couderc, où les ombres vivent davantage dans l’esprit des personnages qu’elles ne s’étalent sur les surfaces des décors métalliques et maniables d’Éric Ruf. Les préoccupations et croyances de l’individu prévalent sur son environnement (en costumes du Paris de Gounod, société industrielle et bordels à bloc). L’économie visuelle d’accessoires met en valeur leur apparition en suspension depuis les cintres, ou les gestes de deux comédiens, sbires de Méphistophélès. Une tournette figure la marche du monde, la propulsion, la vitesse des pas et des forces contraires, qu’elles viennent de Dieu ou du diable. En revanche, les émotions restent à hauteur de spontanéité humaine et d’infusion poétique. Car sélectionner l’action juste au bon moment consiste en fait à en décupler l’importance et la signification, d’autant que la matière théâtrale déclamée terrasse par sa vérité, en continuité du chant. L’habileté de Denis Podalydès à l’emboîtement de l’illustration et de l’interprétation (parfois ironique), du fait divers et de l’incursion fantastique, concourt à l’immense réussite de la soirée, en plus de sidérantes chorégraphies (Cécile Bon) jusqu’à l’épuisement, accentuant le sentiment d’une plongée dans l’abîme avec les moyens d’évocation infinis du langage théâtral. Chaque (arrière-)pensée se ressent, chaque mouvement s’inscrit dans une utilité plus large.
Avec une distribution qui se prend au jeu, tout va. C’est le cas ce soir, dans un panorama souverain de ce que le chant français offre de meilleur, jusqu’aux excellents numéros de la terre-à-terre Marie Lenormand (Marthe) et du goguenard Anas Seguin (Wagner). La rationalité et la fidélité fortifient l’impétueux Siebel de Juliette Mey, quand le sautillant Lionel Lhote fait déborder en envolées la force morale de Valentin. Le choix des nuances de Jérôme Boutillier commence dès le parlé, aussi fouillé que le chanté. Par un souffle long, son Méphistophélès répartit une idée unique de façon égale sur toute la taille de la phrase, avant de changer d’orientation à la phrase suivante. En découle un diable instable, clair sur le moment et inattendu dans ses bifurcations. S’il est terrifiant, c’est parce qu’il ne l’est pas distinctement, sous sa verve sérieuse et rigolarde, sans surjeu. Vannina Santoni facilite toujours l’élancement vocal d’une Marguerite perspicace, à l’ornement inné et à la pensée active. L’air des bijoux enchante par exemple par ses digressions délicates, mais la soprano compose tout le rôle d’échappées directes, comme des cadavres exquis unis par l’élégance de l’émission et de l’histoire à raconter par la musique. La douleur de Marguerite s’extériorise en la beauté d’un combat qu’elle sait perdu d’avance et pour lequel elle œuvre de tout son cœur, dans un portrait multidimensionnel. Julien Dran est clarté et densité, et bien plus encore. Les notes ne sont pas qu’une étape d’un cheminement mélodique ; elles servent aussi à asseoir une justesse de leur sculpture, de leur intention. Faust, homme de la pensée, vit ainsi tout de l’intérieur, même l’amour passager pour Marguerite qui le consume, et continûment dans la complétude du trait.
Si le Chœur de l’Opéra de Lille a la matière sonore entre deux chaises, tantôt pressante, tantôt traînante, il a le mérite de se parer de nombreuses couleurs. Du côté de l’Orchestre National de Lille, on ne pourra que regretter le léger manque de netteté chez les violons, pas toujours synchronisés dans leurs départs et leur exactitude, au sein des trésors harmoniques que les instrumentistes déploient ensemble – sublimes solos de cor, clarinette et basson. Louis Langrée donne à tous les pupitres leur instant implacable de gravité, et en extirpe une articulation distincte tout en les mélangeant de manière très homogène. Le chef lance un motif dans la fosse, pris en relais par les chanteurs, puis à nouveau par les instrumentistes. Rien ne se perd dans cette vive réaction chimique qui rejoint les frémissements, haut-le-corps et soupirs corporels induits par les protagonistes de Faust. Cette direction de thriller hollywoodien est comparable à une caméra omnisciente qui infiltrerait la moindre psyché. Elle insère des virgules, des italiques, des guillemets, un langage supplémentaire comme l’oralité transforme la grammaire théâtrale de l’écrit. Plutôt que d’agir sur le tempo, Louis Langrée a la main sur le temps, celui d’une action à l’effet papillon, celui d’un Faust de l’éternité, celui d’un pacte dont la magie ne s’estompe en aucun cas à la sortie.
Thibault Vicq (Paris, 21 juin 2025)
DISCOTECA
Christophe Rousset, Les Talents Lyriques
Flemish Radio CHOIR
Livre-Disque Bru Zane 2019
BIBLIOTECA
LA BELLE HÉLÈNE (1864)
LA NONNE SANGLANTE (1854)
DIALOGUES DES CARMÉLITES (1951)
A OBRA (Poulenc, 1951)
BIBLIOTECA (1)
Opéra National de Paris, novembre 2024
Francesca Zambello: Le Triomphe de l'esprit humain
Henri Hell: La rencontre d'un texte et de son musicien
Pierre Bernac: Un art de suggestion
Correspondance
Philippe Fénelon: Chemin de perfection
Michel Schneider: La terreur des raisons
Monseigneur Patrick Chauvet: Bernanos, un prophète pour notre temps
Alain Patrick Olivier: Figures de la Peur et figures de la Grâce
Vincent Vives: Le transfert de la grâce et la transgression nécessaire
Michel Onfray: Entre désir de force et palisir de la défaillance
A OBRA
COMPOSITOR: Francis Poulenc CRIAÇÃO: Milão 26.01.1957 Scala, direção musical de Nino Sanzogno (versão em italiano) Paris 26.06.1957 Opéra Garnier, direção musical de Pierre Dervaux (versão em francês)
O ESPETÁCULO (Paris, 2024)
O ESPETÁCULO (Londres, 2014)
Londres, ROH 2014, dir. Simon Rattle enc. Robert Carsen
A OBRA
COMPOSITOR: Francis Poulenc CRIAÇÃO: Milão 26.01.1957 Scala, direção musical de Nino Sanzogno (versão em italiano) Paris 26.06.1957 Opéra Garnier, direção musical de Pierre Dervaux (versão em francês)
O ESPETÁCULO (Paris, 2024)
O ESPETÁCULO (Londres, 2014)
Londres, ROH 2014, dir. Simon Rattle enc. Robert Carsen
MANON (1894)
- DIREÇÃO MUSICAL Pierre Dumoussaud, Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris INTÉRPRETES Amina Edris (Manon), Benjamin Bernheim (Chevalier des Grieux), Andrzej Filonczyk (Lescaut) VISTO Opéra Bastille 26.05.2025
- DIREÇÃO MUSICAL Pierre Dumoussaud, Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris INTÉRPRETES Amina Edris (Manon), Roberto Alagna (Chevalier des Grieux), Andrzej Filonczyk (Lescaut) VISTO Opéra Bastille 1
Platée (TCE, 2019)
DON QUICHOTTE (1902)
MÉDÉE (1693)
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Médée, tragédie lyrique en un prologue et cinq actes.
Livret de Thomas Corneille Création à Paris, Académie Royale de Musique, le 4 décembre 1693
Mise en scène : David McVicar.
Décors et costumes : Bunny Christie.
Chorégraphie : Lynne Page.
Avec : Lea Desandre, Médée ; Reinoud van Mechelen, J
ason ; Laurent Naouri, Créon ; Ana Vieira Leite, Créuse ; Gordon Bintner, Oronte ; Emmanuelle De Negri, Nérine.
Les Arts Florissants, direction : William Christie
Críticas:
RESMUSICA (Alain Attyasse)
L'amour de William Christie pour la tragédie lyrique Médée de Marc-Antoine Charpentier est proverbial, l'ayant notamment gravée à deux reprises dans des enregistrements qui ont fait date, en 1985 et 1995. Il est le directeur musical de cette nouvelle production à l'Opéra de Paris, sur la scène du Palais Garnier.
C'est, il faut le dire tout de suite, l'élément sur lequel repose le succès de cette soirée, dirigeant les Arts Florissants d'une tension dramatique absolument admirable tout au long des trois heures de l'œuvre, ménageant avec intelligence les effets d'urgence, William Christie mène le spectateur dans un voyage psychologique où tout le déroulé du synopsis apparaît de façon clairvoyante et évidente. Musicalement, les points positifs sont constitués par les deux chanteurs du couple principal. Lea Desandre, malgré un volume peut être un peu faible pour emplir de façon généreuse la profondeur du Palais Garnier, est une tragédienne convaincue et pleinement engagée dans le rôle de Médée dont elle brosse un visage humain plutôt que celui de la magicienne assoiffée de sang. La scène des Enfers la dépasse un peu dans l'incarnation et l'autorité, la rendant bestial là où parfois un peu de retenue aurait permis un plus grand effroi. Mais l'amoureuse qu'elle sait être, la femme blessée, l'épouse délaissée sont autant de facettes qu'elle vit intensément et parvient à transmettre de façon touchante au spectateur. Son partenaire, Reinoud van Mechelen, remporte également tous les suffrages dans un bien lâche Jason qui ne sait pas prendre de décision sur son sort et laisse les autres trancher pour lui. La diction est exemplaire et la projection de la voix est correcte. L'évolution du personnage est bien construite, rendant l'inconsistance de ce anti-héros au centre de l'action dont il ne maitrise pas le déroulé. La voix d'Ana Vieira Leite en Créuse est fruitée, pleine d'attendrissement et dont la naïveté n'est que le ramage d'un esprit avide et malin. Sa dernière scène est poignante, appelant une sincérité bienvenue à l'heure de sa mort. C'est un vrai luxe que d'avoir une Emmanuelle de Negri en Nérine, rôle dont l'intervention est assez faible, mais qu'elle défend ardemment. Le roi Créon est chanté par Laurent Naouri. On connaît le chanteur, à la voix grasse et bien assise. Toutefois, il dépeint, comme il le fait régulièrement sur des rôles plutôt issus du répertoire comique, un roi goguenard, familier et assez peu noble. A son habitude, il joint ses jambes et sautille tout en chantant pour caractériser l'aspect moqueur et duplice du roi vis-à-vis de Médée qu'il s'agit de tromper habilement. Le recours systématique à cette façon de procéder le fait rapprocher automatiquement d'autres rôles moins altiers, et Créon perd ainsi sa consistance royale alors qu'elle est tout l'enjeu de la croyance qu'a Médée dans la parole du roi. Faire sauter sa fille sur ses genoux ou bien finir sa scène de folie pantalon aux genoux sont des pis-aller imposés par une mise en scène réductrice.
En effet, la mise en scène de David McVicar (datant de 2013 à l'ENO) se contente de tableaux bien menés, correspondant à chacun des actes. Sans que cela soit très explicité, l'action se situe dans des bureaux de l'armée britannique lors de la Seconde Guerre mondiale. Lupanar avec lumières rouges au second acte quand l'Amour intervient et Enfers qui proviennent des profondeurs de la terre au troisième acte s'insèrent dans un grandiose intérieur bourgeois. Mais les costumes manquent d'envergure (on se croirait dans un mauvais remake de Captain America au troisième acte ou bien dans un film d'horreur de seconde zone) et la chorégraphie est d'une pauvreté assez affligeante. Ne cherchant qu'à marquer les pas dans une mauvaise comédie musicale, les danseurs ne peuvent danser que pour eux, sans esprit de groupe et surtout sans s'insérer dans l'action de divertissement qu'ils sont censés illustrer.
Il fallait faire entrer Médée dans le répertoire courant de l'Opéra de Paris. C'est chose faite et, musicalement parlant, absolument probant. Mais une mise en scène ou plus conventionnelle ou plus explosive aurait été plus intéressante que la tiédeur proposée par David McVicar pour la tragédie lyrique aussi singulière et exceptionnelle qu'est le chef-d'œuvre unique de Charpentier.
FORUMOPERA
Une Médée so british
Tragédie mise en musique en cinq actes et un prologue
Pour le retour de Médée à l’Opéra de Paris après 300 ans d’absence, c’est la production de David McVicar, créée en 2013 à l’English National Opera (ENO) et reprise à Genève en 2019 qui a été choisie. Et pour cause, elle est d’une grande efficacité, même si force est de constater qu’elle a avant tout été pensée pour un public à la fois anglais et peu familier du répertoire baroque français. Ainsi, l’action se voit transposée en Angleterre durant la Seconde guerre mondiale. Ce déplacement ne sert que de prétexte à de beaux tableaux et vise certainement à diminuer la distance qui nous sépare du mythe grec pour favoriser l’identification. Le décor, signé Bunny Christie, déploie l’élégant intérieur des bureaux de l’Armée, dirigée en l’occurrence par le personnage de Créon. Jason devient pour l’occasion capitaine de la marine tandis qu’Oronte appartient à l’armée de l’air, rivalité facile mais efficace. S’en dégage une beauté esthétique évidente, ne serait-ce qu’au niveau des costumes, de Bunny Christie également, particulièrement somptueux. Le tableau du divertissement de l’acte II est une réussite totale, transformé en cabaret avec l’Amour surgissant d’un avion militaire recouvert de paillettes. Le jeu de lumières de Paule Constable transcende le tout et voit le rouge de l’Amour se muer in fine en rouge sanguinolent, annonciateur du drame à venir. Les chorégraphies de Lynne Page assurent de belles transitions et des ballets très rythmés.
Toutefois, l’approche trouve ses limites dès qu’elle n’est pas poussée jusqu’au bout. Une forme de légèreté généralisée domine et jamais les horreurs de la guerre ne trouvent ne serait-ce qu’un écho. En outre, la transposition ne fonctionne plus à compter de l’irruption de la magie de Médée. La folie ensorcelée et démoniaque de l’héroïne détonne en ces lieux et au milieu des soldats et ne trouvera pas spécialement d’explication. Pourquoi ne pas être resté réaliste jusqu’au bout, par cohérence, en transformant par exemple les sorts de Médée en de simples empoisonnements ?
Reste que la beauté des tableaux assure un réel divertissement et que ces quelques réserves sont largement éclipsées par l’excellence du plateau vocal. Lea Desandre crève la scène. La voix est d’une chaleur remarquable, généreuse et pleine de fines nuances. Son jeu théâtral est en parfaite osmose avec son instrument, ce qui est assez rare pour être souligné. La palette d’états émotionnels convoquée est large et toujours très juste. Sa Médée accomplit une évolution fascinante et chacune des intentions de la mezzo-soprano est toujours crédible. Brava!
Le Jason de Reinoud Van Mechelen est, comme à l’accoutumée, techniquement irréprochable. La capacité du ténor à allier un volume de voix très important et une douceur de gaze est toujours aussi sidérante et si singulière. Le timbre se prête parfaitement au rôle, sans surprise. On peut toutefois regretter un jeu d’acteur qui gagnerait à développer plus de nuances.
Ana Vieira Leite est une Créuse idéale : sa voix d’une pureté cristalline lui permet d’incarner l’innocente victime de l’héroïne éponyme avec brio. Sa dernière scène est particulièrement bien menée, la soprano sachant doser volume et vibrato en fonction de la torture imposée par la robe empoisonnée et de l’état de ses forces qui la quittent.
Laurent Naouri est un Créon exceptionnel. La profondeur du timbre et la présence scénique en font un titulaire marquant du rôle, passant de la noblesse d’un chef de guerre à l’absurdité d’une scène de folie totalement maîtrisée.
En Oronte, Gordon Bintnet convainc plus par son jeu scénique que par sa voix qui manque parfois de projection. Mais il campe une version triomphante et toxique du personnage qui se marie idéalement à l’approche de Mc Vicar.
Emmanuelle de Negri est une Nérine de luxe et offre une performance bouleversante, notamment lors de la dernière scène. Au-delà d’une technique évidemment impeccable, tout son art s’accomplit dans une diction ultra travaillée et très intelligente.
La Cléone d’Élodie Fonnard emporte l’adhésion à chacune de ses apparitions, notamment lorsqu’elle rapporte la poignante mort d’Oronte et le suicide de Créon. Lisandro Abadie est un Arcas solide sur ses appuis tandis que Mariasole Mainini propose une Italienne pétillante. Julie Roset est le joyau de la soirée : ses aigus d’une facilité déconcertante sont à l’image d’une grâce et d’un charisme évidents. Le tableau de l’Amour est le plus réussi et la malice de la chanteuse ravit le spectateur. C’est peu dire que ce sont là de fracassants débuts à l’Opéra de Paris et il est évident que la soprano a vocation à prendre des rôles titres, sur cette même scène, dans les années qui viennent. Les captives, Juliette Perret et Julia Wischniewski, offrent d’envoûtantes envolées, tandis que Maud Gnidzaz et Alice Gregorio charment le spectateur durant le chœur des trois voix. Virginie Thomas est un fantôme glaçant lorsqu’elle dédouble Créuse. Enfin, Clément Debieuvre, Bastien Rimondi et Matthieu Walendzik sont des démons, Jalousie et Vengeance déterminants dans le succès des scènes d’incantations, contribuant à leur conférer toute leur étrangeté par une nasalisation bienvenue. Le chœur des Arts Florissants, dirigé Thibaut Lenaerts, réalise un sans faute de rythme, de justesse et de diction. Qu’il soit en coulisse ou sur scène, chaque apparition fonctionne. Au pupitre, William Christie est ici chez lui : il connait et surtout adore cet opéra plus que quiconque lui qui, pour rappel, en a proposé le tout premier enregistrement mondial à la fin des années 1980 et considère Chaprentier comme supérieur à Lully. Sa battue est un franc succès, le jeu des volumes, des tempi et des contrastes est habilement tissé et instaure une interaction intelligente entre scène et fosse. L’orchestre des Arts Florissants se trouve dans une grande forme pour cette première et déploie avec aisance son excellence bien connue.
Le succès de ce retour de Médée à l’ONP se mesure aussi et surtout à l’applaudimètre et devrait peut-être appeler encore plus de baroque sur cette scène. Castor et Pollux est programmé pour la saison 2024-2025, mais ne pourrait-on pas espérer prochainement un Lully également ?
Tancrède Lahary
03.2023
Cyrille Dubois,Sala Théâtre des Champs-Elysées,Ópera Espetáculo*,Hervé Niquet,CHARPENTIER Marc-Antoine,Véronique Gens,Ópera*,Ópera 1600s,Ópera França*,Le Concert Spirituel,
Sommaire:
Maintenant, je suis Médée, par Graham Sadler
Médée, la fin d'une tradition, par William Christie
Sombres pulsions, par Laura Swift
Infanticide et sacrifice, par Anne Dufourmantelle
Médée et la résurgence du talion, par Peggy L'arrière
Livret
Portfolio
IPHIGÉNIE EN TAURIDE (1696)
Ópera (tragédie lyrique à la française) iniciada por Desmarest (1696) e terminada por Campra.
Foi criada na Académie Royale de musique em 1704.
Com Véronique Gens, Iphigénie
Reinoud Van Mechelen, Pylade
Thomas Dolié, Oreste
David Witczak, Thoas
Olivia Doray, Electre
Floriane Hasler, Diane
etc.
Hervé Niquet dirige a Orchestre et Chœur Le Concert Spirituel
LES CONTES D'HOFFMANN (1881)
Operetas de Offenbach & Wachs (2020)
Duas breves operetas francesas que foram um grande sucesso no século 19 são ressuscitadas num espetáculo divertido e ligeiro. Pelo menos uma canção, o dueto «Je suis alsacienne, je suis alsacien» fica de imediato no ouvido. Do compositor Frédéric Wachs vimos Un mari dans la serrure (1876), de Offenbach vimos Lischen et Fritzchen (1863). Dois únicos cantores asseguraram este espetáculo: a sensacional mezzo Adriana Bignagni e Damien Bigourdan, acompanhados pelo pianista Jean-Marc Fontana. Paris, março de 2020, Théâtre Marigny 3/5



.png)






























