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Low In High School (Morrissey, 2017)

 Low In High School (2017)
Produzido por Joe Chiccarelli
CD Étienne/BMG 2017
Lançº 17.11.2017
DISCOTECA P

I Am a Dog on a Chain (2020)

 I AM A DOG ON A CHAIN (2020)
13° álbum de Morrissey
20.03.2020
Produzido por Joe Chiccarelli
CD Digipak Étienne/BMG 2020
DISCOTECA F

Morrissey: I Am Not a Dog on a Chain review – old man yells at cloud 
The former Smiths man appoints himself as a bold truth-teller but fails to see some glaring truths about himself
Laura Snapes / The Guardian

Morrissey’s official channels have recently been stressing the 60-year-old’s virility, citing reviews from his US tour that praise his “ageless” voice and undimmed power (albeit from little-known publications). The sales patter makes sense given his declining status – though it’s at odds with his new album, which finds Morrissey lamenting the ravages of age: how time “will slide up and shaft you” on My Hurling Days Are Done; how he considers himself an “out of tune” violin on The Secret of Music, a banal yet absurd list of instruments and their respective qualities that unspools like Michael Gove reading Dr Seuss.
He appoints himself a witness to lost, kinder times (Love Is on Its Way Out), and a wise veteran of life’s cruelties that the rest of us are only now waking up to (Knockabout World). But looking back in despair lets Morrissey elide responsibility for his diminished reputation. He frequently references his taste for inconvenient truths – “I raise my voice, I have no choice!” he exclaims on the title track, an anthem for fake-news types – yet few such sentiments penetrate his lyrics, beyond references to animal rights and his contempt for the bovine masses (the “duckface in a duplex” of What Kind of People Live in These Houses?). 

This hollow posturing is contrasted by I Am Not a Dog on a Chain being his most striking album since 1992’s Your Arsenal. Its skittish harpsichords, cabaret pomp and enjoyably aggressive oddness suggest that he (or at least producer Joe Chiccarelli) has been listening to plenty of Perfume Genius. Oleaginous and rasping, Morrissey is often lost among the strident music as he hectors people afraid to be themselves: the high camp of Bobby, Don’t You Think They Know? torments a closeted bloke, while torch song The Truth About Ruth wields insipid rhyme to suggest gendered subterfuge. 

Morrissey knows exactly who he is: a victim, though he’ll never admit he does it to himself. His coyness undermines his apparent glee as a truth-teller, while his recourse to superannuated lamentation ignores the potential for later-in-life artists such as Bowie and Cohen to outdo their youthful glories. At this rate, he’ll never sit alongside them.

California Son (Morrissey, 2019)

12° Álbum de Morrissey
CD digipack Etienne/BMG 2019
24.05.2019
DISCOTECA P

Canções:
01. MORNING STARSHIP 
02. DON'T INTERRUPT THE SORROW 
03. ONLY A PAWN IN THEIR GAME 
04. SUFFER THE LITTLE CHILDREN 
05. DAYS OF DECISION +
06. IT'S OVER 
07. WEDDING BELL BLUES 
08. LONELINESS REMEMBERS WHAT HAPPINESS FORGETS 
09. LADY WILLPOWER 
10. WHEN YOU CLOSE YOUR EYES 
11. LENNY'S TUNE +
12. SOME SAY I GOT DEVIL +


CRÍTICAS:

California Son, Morrissey à l’heure des reprises

Sophie Rosemont 
Les Inrockuptibles  17.05.2019

De retour avec  un album de reprises, le Moz fait entendre la beauté quasi immuable de sa voix mais aussi celles d’artistes engagés d’une autre époque.  Ah, Morrissey ! L’homme qu’on adore détester. La faute à son mauvais caractère notoire, son végétarisme radical dont il a prêché les mérites, à ses prises de position souvent réactionnaires, qu’il juge faussées par les journalistes… Mais aujourd’hui, le tracklisting de California Son plaide largement sa cause. Comme son titre l’indique, ce douzième album solo puise dans un corpus américain d’obédience protestataire des années 1960 et 1970, et majoritairement d’inspiration californienne. Il y a quelques exceptions, telle la Canadienne Buffy Sainte-Marie, dont il reprend Suffer the Little Children – quasiment l’intitulé d’une chanson des Smiths. Une boucle bouclée pour l’amateur de reprises qu’est Morrissey. 

Produit par Joe Chiccarelli, California Son met le paquet sur les rythmiques et sur le chant du Moz. Il convoque la passion de ce dernier pour les grandes mélodies à la fois mélancoliques et baroques, celles qui brisent le cœur et transportent l’âme. En plus d’un scrupuleux principe de parité appliqué au choix des artistes ou groupes repris, le chanteur s’entoure de camarades musicien.ne.s, tous fans transis. Ainsi, le disque s’ouvre sur Morning Starship de Jobriath, qu’il partage avec Ed Droste (Grizzly Bear), suivi de Don’t Interrupt the Sorrow de Joni Mitchell, où est crédité Ariel Engle de Broken Social Scene.   

Un manifeste d’indépendance 
Il ressuscite ensuite la ferveur de Days of Decision, l’un des plus beaux titres du protest-singer Phil Ochs. Morrissey s’attaque également à Bob Dylan en revisitant, avec son panache habituel, Only a Pawn in Their Game. Certes, on se serait volontiers passé du timbre nasillard de LP en ouverture de It’s Over de Roy Orbison.    Or, dès que Morrissey s’empare du micro, la magie opère… et persiste sur la piste suivante, Wedding Bell Blues, de l’injustement oubliée Laura Nyro, sur laquelle intervient Billie Joe Armstrong, le leader de Green Day. Plus loin, l’énergie de Loneliness Remembers What Happiness Forgets, originellement interprétée par Dionne Warwick, reste intacte, tandis qu’il réussit à se défaire de la sensualité aux dents blanches de Carly Simon sur When You Close Your Eyes.  Morrissey conclut ce bel ouvrage avec le manifeste d’indépendance de la folkeuse Melanie, Some Say I Got Devil, où il remplace le mot “girl” non pas par “boy”, mais par “someone”… Il aurait d’ailleurs pu en signer les paroles tant elles lui vont bien : “Some say I got devil / Some say I got angel (…) / And though I’d like to tell it / Exactly how I feel it / Somehow the music / Hides it and conceals it.”  

Emmanuel Stranadica, le 27 mai 2019
site SOUND OF VIOLENCE

Un an et demi après le décevant Low In High School, Morrissey revient avec un album pour le moins singulier : un disque de reprises. On savait le Mancunien friand de covers; les b-sides des singles extraits de Low In High School en étaient déjà. Cependant au-delà de cette idée pour le moins originale, on n'était pas forcément rassuré en apprenant qu'une fois encore c'est Joe Chiccarelli qui est aux manettes de California Son. Titre d'album pour le moins surprenant pour quelqu'un qui arbore un badge "For Britain" sur sa veste et qui n'a jamais daigné répondre publiquement aux attaques dont il fait l'objet depuis de nombreuses années maintenant. Même si les chansons de ce disque ont été écrites et interprétées par des artistes californiens, cela ne suffit pas à dédouaner cette inlassable ambiguïté dont il commence sérieusement à payer les conséquences.  Cependant revenons à ce qui constitue tout de même l'essentiel, en l'occurrence le contenu de ce disque. Douze compositions ou plutôt réinterprétations de chansons de Bob Dylan, Roy Orbison ou encore Joni Mitchell avec plus ou moins de réussite, il faut bien l'avouer. Le disque débute avec Morning Starship, un des premiers extraits dévoilés de California Son. Plaisante sans pour autant s'avérer séduisante, la reprise downtempo de Jobriath fait amende honorable avant toutefois de frôler le ridicule lorsque celui qu'on appelle Moz, voire le vieux, s'élance dans une collection de vocalises ‘La la la la la' à la limite du supportable. Don't Interrupt The Sorrow et son côté 80's, malgré sa sortie originelle en 1975, notamment avec les lignes de saxophone, s'avère déjà un cran au-dessus du morceau d'ouverture. A contrario, son interprétation de Only A Pawn In Their Game de Bob ylan est martiale et digne d'un mémorial militaire américain. Si Suffer The Little Children, à ne pas confondre avec Suffer Lttle Children de The Smiths, frise le ridicule, Days Of Decision est le premier grand moment du disque. Posée, simple, la ballade de Phil Ochs aurait peut-être pu trouver une place dans Vauxhall And I, le chef d'œuvre absolu de Morrissey. Mais, ça c'était il y a vingt-cinq ans.  Depuis les temps sont durs pour le Mancunien, malgré le toujours très bon World Peace Is None Of Your Business paru en 2014. It's Over, à ne pas confondre là encore avec I Know It's Over de The Smiths, annoncé un temps comme single mais finalement laissé aux oubliettes, n'est pas non plus transcendant. Mais que dire de Wedding Bell Blues, où l'ancien Smiths se fait accompagner par Billy Joe Armstrong de Green Day. Urgh... Certes, il n'est pas le seul invité de ce disque, mais quand même, on n'imaginait pas Morrissey tomber aussi bas (Et ne venez pas me dire que U2 ont également collaboré avec eux, ça n'excuse rien!). Loneliness Remembers What Happiness Forgets constitue un croisement entre Benny Hill, The Divine Comedy et Belle And Sebastian. Quant à Lady Willpower, on se demande si cette interprétation n'a pas pour objectif de figurer au prochain concours de l'Eurovision avec un Morrissey parodiant Tom Jones...  Il ne reste plus que trois chansons et le bilan de California Son est déjà inquiétant. Pourtant tel un boxeur proche du K.O., Morrissey va tout de même se relever et réussir une fois encore à nous émerveiller. Si When You Close Your Eyes est plaisante, la complainte Lenny's Tune est un des grands moments de California son. Sombre et funéraire, la reprise de Tim Hardin fait mouche grâce à cette simplicité avec ce mariage voix/piano qu'on n'espérait plus. Mais le clou du spectacle figure bien dans la conclusion de ce disque. Some Say I Got Devil est majestueuse et poignante. En une chanson, Morrissey réussit à nous faire oublier ses frasques et les nombreux loupés de California Son.  Alors certes ce disque mineur en soi n'apporte pas grand-chose à la discographie de l'anglais. Cependant, avec un tel final où le maintenant soixantenaire daigne à nouveau s'aventurer vers l'intimiste, on ne peut que s'agenouiller et réaliser combien Morrissey possède toujours quelque chose en lui et combien il reste capable de nous émouvoir.